Tous les livres critiqués sous: Roman

genre littéraire romanesque

Eleanor CATTON, La répétition

La répétition

Un roman de campus, à l’américaine. A double titre : une même histoire se répète, celle d’Isolde, jeune lycéenne qui suit un cours de musique, et celle de Stanley, qui étudie l’art dramatique. Le récit progresse de séance en séance, en suivant l’évolution des deux jeunes étudiants, lors de répétitions. Isolde se confie à sa professeure. Stanley se soumet aux pratiques de ses maîtres d’interprétation, dans une relation pervertie… Roman d’apprentissage inversé, placé sous le signe de la perte

Diane Brasseur, Les fidélités

Les fidélités

Un homme et deux femmes, loin des chabada bada. L’homme a 54 ans, est marié, a un enfant; il entretient une relation avec une femme de 31 ans. Peu avant de partir en vacances avec sa famille, il doit appeler Alix, sa maîtresse. Quelques jours se passent avant le départ, il réfléchit à sa situation.
Un homme, deux femmes et deux maisons. Il travaille à Paris, où il retrouve Alix. Le week-end ou durant les vacances, il rejoint son épouse et sa fille à Marseille.
Qui a deux femmes perd son âme; qui a deux maisons perd la raison? Roman brillant qui pose la question étrange de la fidélité dans l’infidélité.

Linn ULLMANN, Je suis un ange venu du Nord

Je suis un ange venu du Nord

Erika, Laura et Molly partent durant l’hiver 2005 pour retrouver leur père qui vit seul, âgé, sur l’île de Hammarsö en Suède. C’est là que les trois soeurs ont vécu ensemble, durant chaque été dans les années 1970. C’est un retour vers l’enfance auquel nous convie Linn ULLMAN, une jeunesse parfois heureuse, tendre, mais aussi perverse, tragique. Un enfer au paradis.

Laura Alcoba, Le bleu des abeilles

Le bleu des abeilles

Un vrai bijou, une petite merveille. Laura ALCOBA raconte quelques années d’enfance, et c’est passionnant. Ce livre nous fait vivre le quotidien d’une enfant de neuf ans en 1979 réfugiée dans la banlieue parisienne. La jeune fille fuit la dictature en Argentine et rejoint sa mère. L’auteur nous raconte la vie quotidienne d’une enfant avec les yeux à hauteur de l’enfance. C’est drôle, émouvant, très réussi, et on regrette le faible nombre de pages : Quoi, c’est déjà fini!

Laura Kasischke, Esprit d'hiver

Esprit d’hiver

Le jour de Noël, Holly et sa fille adoptive, Tatiana, attendent l’arrivée des invités prévus pour partager le repas. Mais la fête ne se passe pas comme prévu. Eric, le mari, est parti pour aller chercher ses parents à l’aéroport. D’autres personnes sont attendues, mais des chutes de neige importante rend les routes impraticables. Personne ne se joindra à la mère et sa fille, qui manifeste un comportement étrange. Crise d’adolescence? Origines familiales insoupçonnées? Le fantastique est parfois là où on ne l’attend pas…

Hélène Lenoir, Pièce rapportée

Pièce rapportée

Une mère se précipite à l’hôpital, au chevet de sa fille Claire, 24 ans, victime d’un accident de la route. Elle fréquente le service de réanimation, en évitant son mari ou sa belle-famille. Plus tard, Elvire emménage seule dans un appartement parisien, loin de ses proches, lorsque sa fille a retrouvé la santé.
L’auteur nous présente un drame familial larvé avec pour figure centrale une mère au foyer, pièce rapportée au sein de sa famille. La femme découvrira pourtant la liberté, avec pour aide lointaine un étrange ami allemand.

Patrick McGuinness, Les cent derniers jours

Les cent derniers jours

Éducation sentimentale et politique. Patrick McGuinness nous raconte les cent derniers jours du régime communiste de Ceausescu en Roumanie. Un jeune professeur d’anglais arrive en Roumanie sous l’emprise de la police secrète – la Securitate. Il évolue dans un pays exangue après tant d’année de dictature, aux côtés de Cilia ou Ottilia, ses amies, ou Léo – collègue facétieux qui collabore et se moque du régime. Le roman s’achève le 25 décembre 1989, date de la mort du dictateur roumain.

Frédéric Boilet, L'épinard de Yukiko

L’épinard de Yukiko

Frédéric BOILET scénarise de manière originale une histoire d’amour. Il fait la rencontre au Japon de Yukiko, jeune étudiante de moins de 20 ans. Leur amour est subit et bref : une dizaine de jours. L’histoire se déroule sous nos yeux avec pour point de vue le dessinateur en “caméra subjective”. Le livre présente les traits, faits et gestes de Yukiko par le seul biais du narrateur. Le parti pris est fascinant, l’histoire est attachante, dont se dégage une mélancolie,

Annie Ernaux, L'Atelier noir

L’atelier noir

Annie ERNAUX écrit sur l’écriture. Ou plutôt, elle nous donne à lire son journal d’écriture. Elle nous livre la chronique disparate de son travail d’écrivaine. Au fil de la publication de ses différents ouvrages, de 1982 à 2007, nous découvrons son lent et difficile travail d’écriture. C’est presque illisible, rempli d’abréviations, telles les formules ésotériques d’une alchimiste retirée dans son atelier. Tout cela n’a presque de signification que pour elle-même. Et pourtant c’est passionnant, parce qu’elle révèle au grand jour comment elle transforme le plomb en or…

Albert CAMUS, L'étranger

L’étranger

Roman lu et relu, trop connu, et pourtant magnifique. Dans ce court récit, tout l’art romanesque des XX et XXIèmes siècles se condense. Une histoire âpre, des phrases courtes, un style direct; un personnage, vivant, tragique, et une vision du monde. Camus conduit son personnage de l’éblouissement à l’ombre, et fait resplendir dans la nuit une lumière.

Joyce Carol OATES, Petit oiseau du ciel

Petit oiseau du ciel

Une petite ville dans l’état de New-York est en émoi. Zoé Kruller, une jeune mère, belle femme, chanteuse à succès, meurt sauvagement assassinée. Les soupçons se portent vite sur son mari d’origine indienne. La police soupçonne aussi Eddy Diehl, son amant. Personne ne parvient à élucider ce meurtre crapuleux. Restent la suspicion, les terribles rancœurs, qui font des ravages dans la communauté de Sparta et dans la vie de deux jeunes enfants. Aaron, orphelin de sa mère, Krista Diehl, qui perd son père, injustement accusé.

Christine Angot, Une semaine de vacances

Une semaine de vacances

Christine ANGOT fait le terrible récit d’un abus sexuel répété durant une semaine. Un homme, professeur distingué, a la garde d’une adolescente pour une période de congé, en l’absence de la mère. Il abuse d’elle sans violence, par une contrainte avant tout morale. L’écriture de la romancière est à l’image de ces faits : froide, presque neutre, violente, terrible: insupportable presque.