Tous les livres critiqués sous: Amour

Siegfried LENZ, Une minute de silence

Une minute de silence

Christian, jeune adolescent, assiste avec ses camarades d’école à la cérémonie d’adieu en l’honneur de Stella Petersen. Elle était cette jeune professeur d’anglais, admirée de tous, et aimée de Christian. Dans cette petite ville portuaire de la Baltique en Allemagne, les deux jeunes gens se sont aimés, puis séparés, lorsque la mort de Stella laisse le jeune homme sans voix. Commence une minute de silence qui lui semble une éternité.

Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles

En attendant Bojangles

Hortense emmène mari et fils dans une course folle. A sa suite, la vie est extravagance débridée et ignorance délibérée de la réalité. Le mouvement perpétuel est érigé en mode de vie et la chanson de Nina Simone, “Mr Bojangles”, devient ici un hymne à l’amour. Seule la mort peut mettre un terme à une vie aussi folle. Un livre étonnant, à la fois fable poétique et conte philosophique, avec une langue bourrée d’allitérations.

Annie Ernaux, Mémoire de fille

Mémoire de fille

Mémoires d’une jeune fille dérangée. Annie Ernaux replonge dans l’été de l’année 1958, du choc créé par une première relation avec un homme et du traumatisme causé pendant plus de deux ans. La jeune fille travaille comme monitrice dans une colonie de vacances pour enfants. Elle connaît là sa première expérience de travail en groupe, de vie en société hors de chez elle; elle y rencontre un homme, H., plus âgé, qui entretient avec elle une courte relation. Leurs rapports sexuels se déroulent avec violence et laissent la jeune fille dans une sorte de stupeur. Double expérience, celle du désir qui prend corps et celle de la honte au sein d’un groupe. Corps sexué et social, placés sous le signe de la honte, la forme la plus vive de la mémoire parce qu’inscrite dans la chair.

Julia Kerninon, Le dernier amour d'Attila Kiss

Le dernier amour d’Attila Kiss

Attila aime Theodora. Et pourtant, la jeune femme n’est même pas son genre. Tout les oppose: l’âge, les origine, la culture, la fortune. Mais ce livre est une histoire d’amour désarmant. Archive, mémoire d’une vie tout à coup amoureuse, mais aussi invitation à vivre l’amour de guerre lasse, après les victoires et les alliances, après les défaillances et les concessions. L’amour désarmé.

Thomas GILBERT, Véneneuses

Vénéneuses

Interprétation psychédélique en cases et bulles d’un fait divers sordide : le suicide en commun de deux adolescentes, amies pour la vie… et la mort. En mal de vivre, en butte avec la société, délaissées ou violentées par des adultes irresponsables, les deux jeunes filles se jettent du haut d’un building. Un saut dans le vide, un saut de l’ange pour une bande dessinée intéressante.

Eric Reinhardt, L'Amour et les fôrets

L’amour et les forêts

L’héroïne est une lectrice assidue du romancier Éric REINHARDT. Elle lui révèle son admiration par courrier. Elle le rencontre pour lui raconter son histoire. Amour conjugal terrible, harcèlement moral, adultère, maladie… L’auteur se met en scène et joue le personnage d’un écrivain confident et enquêteur. Ce jeu contraste avec la gravité du sujet : l’enfer vécu par une femme dans son ménage, la manipulation, la maladie, la mort.

Diane Brasseur, Les fidélités

Les fidélités

Un homme et deux femmes, loin des chabada bada. L’homme a 54 ans, est marié, a un enfant; il entretient une relation avec une femme de 31 ans. Peu avant de partir en vacances avec sa famille, il doit appeler Alix, sa maîtresse. Quelques jours se passent avant le départ, il réfléchit à sa situation.
Un homme, deux femmes et deux maisons. Il travaille à Paris, où il retrouve Alix. Le week-end ou durant les vacances, il rejoint son épouse et sa fille à Marseille.
Qui a deux femmes perd son âme; qui a deux maisons perd la raison? Roman brillant qui pose la question étrange de la fidélité dans l’infidélité.

Frederic Boilet et Laia Canada, 286 jours

286 jours

286 jours en 544 pages; 544 photos ou plus en couleur, format italien.
Une jeune femme, Laia Canada, et un auteur de BD reconnu, Frédéric BOILET, entament une relation passionnée et la relatent à l’aide de photos numériques. Naît le journal intime photographié à quatre mains, un reportage photo de leur passion au jour le jour. Un roman bio(photo)graphique. C’est terriblement privé, impudique, plaçant le lecteur en position de voyeur selon le principe de la caméra subjective.

Frédéric Boilet, L'épinard de Yukiko

L’épinard de Yukiko

Frédéric BOILET scénarise de manière originale une histoire d’amour. Il fait la rencontre au Japon de Yukiko, jeune étudiante de moins de 20 ans. Leur amour est subit et bref : une dizaine de jours. L’histoire se déroule sous nos yeux avec pour point de vue le dessinateur en “caméra subjective”. Le livre présente les traits, faits et gestes de Yukiko par le seul biais du narrateur. Le parti pris est fascinant, l’histoire est attachante, dont se dégage une mélancolie,

Margaret Mazzantini, La mer, lematin

La mer, le matin

La Méditerranée sépare la Lybie et l’Italie. D’un côté, Farid est un jeune garçon qui habite avec ses parents Jamila et Omar à Tripoli. De l’autre côté, Vito vit en Sicile avec sa mère Angelina. Les uns fuient précipitamment la Lybie du colonel Kadhafi; les autres restent nostalgiques de ce passé vécu dans l’ancienne colonie. Évocation sensible d’une partie méconnue de l’histoire en Italie.

Jacques-Pierre Amette, Liaison romaine

Liaison romaine

Amours à Rome: un journaliste revient dans la capitale italienne pour couvrir le décès du pape Jean-Paul II. Une femme, Constance le rejoint. Le narrateur se perd vite en suivant sa compagne dans Rome, car la ville et la femme se dérobe à chaque pas, laissant dans l’ombre ou l’inconnu une part d’elle-même. Brève mais belle déclaration d’amour à Rome.

Kalamit Ochayon, De la place pour un seul amour

De la place pour un seul amour

Trois personnes, que tout sépare au départ, vont connaître un destin croisé. Quelque chose relie deux par deux Tamar et Naomi, Naomi et Sacha. Un homme sert d’agent de liaison insoupçonné. Les chemins se croisent, les histoires convergent peu à peu vers la résolution de l’intrigue. Roman choral à Haïfa : chaque personnage raconte son histoire qui le relie à Amos, mort de manière tragique lors d’un accident de moto.

Nao-Cola Yamazaki, Ne riez pas de mon histoire d'amour

Ne riez pas de mon histoire d’amour

Les amours adolescentes pour une femme plus âgée, au Japon. Mirumé a 19 ans; il étudie le dessin à l’institut des beaux-arts sous l’égide de sa professeur Yuri, 20 ans de plus. Pendant près de deux ans, ces deux êtres vont nouer une relation amoureuse inégale. Car dans l’amour, il est toujours une personne qui aime davantage, et cette inégalité est plus déchirante qu’une seule différence d’âge.
Variation subtile sur le même thème de l’amour et de l’art.

Joyce Carol Oates, Le mystérieux Kidder

Le mystérieux Mr Kidder

Katya Spivak a 16 ans. A Bayhead Harbor, dans le New Jersey, elle est durant les vacances la garde de deux enfants en bas âge. Marcus Kidder, artiste dilettante de 68 ans, habite les quartiers chics de la cité balnéaire. Par surprise, il fait des avances à la jeune fille. Il lui donne de l’argent, lui demande de poser pour lui comme modèle; elle accepte. Tout oppose ces deux êtres : l’âge, la condition sociale, l’argent. C’est le mythe de la Jeune fille et la mort, revisité de main de maître.